Découvrez nos dernières croisières dans les Antilles, les dernières infos sur les bateaux, l'actualité des croisières aux Antilles, les bons plans....etc...
Baleines Guadeloupe : observer les cétacés depuis un voilier
Les eaux guadeloupéennes sont parmi les meilleurs spots pour observer les baleines Guadeloupe… Il y a des matins en mer où le moteur coupe, les voiles mollissent, et quelque chose d’inattendu crève la surface à 300 mètres du bateau. Un souffle. Puis le dos. Puis la nageoire caudale qui disparaît lentement, presque avec indifférence, comme si nous n’étions pas là. La première fois que j’ai vu un cachalot faire ça au large de Basse-Terre, j’ai mis plusieurs secondes à réaliser ce que je regardais. Il était plus loin allongé de tout son long à la surface, j’ai d’abord cru que c’était un container qui flottait à la surface. J’ai pris les jumelles et là j’ai vu son souffle ( les containers ça souffle pas !! ). J’ai dû me détourner car il ne bougeait pas ( il devait regarder son tel !! ) Quelle chance j’ai eu ! Aujourd’hui, après des années à naviguer dans ces eaux, je ne m’y habitue toujours pas. C’est tant mieux.
Les eaux guadeloupéennes font partie du Sanctuaire Agoa, l’espace protégé pour les mammifères marins qui couvre l’ensemble des Antilles françaises. Ce n’est pas une étiquette administrative abstraite : c’est la reconnaissance que ces eaux sont, pour de nombreuses espèces, un espace vital. Dix-sept espèces de cétacés y ont été officiellement répertoriées. Dix-sept. Quand je dis ça aux gens à bord du Black Pearl, je vois toujours le même étonnement.
La baleine à bosse : la visiteuse de janvier à mai
Elle arrive chaque année, fidèle comme une bonne grippe :-). De janvier à mai, les rorquals à bosse (Megaptera novaeangliae) migrent depuis les eaux froides de l’Atlantique Nord — Iceland, Canada — jusqu’aux eaux chaudes des Caraïbes pour se reproduire et mettre bas. Ces eaux-là, les nôtres, sont leur chambre de maternité.
Ce que j’aime dans ce rendez-vous annuel, c’est qu’il a une logique profonde. Les baleines ne viennent pas manger ici. Durant toute cette période, les femelles allaitent leur baleineau en vivant sur leurs réserves de graisse accumulées en été. Elles jeûnent, littéralement, pour donner. On les observe autour de Marie-Galante, de la Désirade, de Petite Terre, dans le canal des Saintes. Ce sont les zones peu profondes, les bancs, les eaux calmes du sud et de l’est de l’archipel.
Ce que tu peux croiser depuis un voilier : des parades nuptiales où plusieurs mâles escortent une femelle dans une course lente et tendue, des sauts complets hors de l’eau (on appelle ça des breach), et parfois, si tu coupes le moteur et glisses un hydrophone dans l’eau, les chants des mâles. Ces chants qui peuvent se propager sur des centaines de kilomètres. À bord du Black Pearl, quand ça arrive, plus personne ne parle.
Le grand cachalot (Physeter macrocephalus) ne passe pas. Il reste. On le considère comme un résident régulier des eaux guadeloupéennes, présent pratiquement toute l’année. Son terrain de chasse favori longe la côte sous-le-vent, du côté de Basse-Terre, là où le plateau continental plonge brutalement vers 1 000, 2 000, parfois 3 000 mètres de fond.
Ces profondeurs-là, c’est son domaine. Le cachalot peut rester sous l’eau plus de deux heures pour descendre chasser des calmars géants dans le noir complet. Quand il remonte, il souffle, et ce souffle est caractéristique : il part en oblique vers l’avant-gauche, rien à voir avec le panache vertical de la baleine à bosse.
Les chercheurs qui travaillent sur ces populations ont développé une méthode de reconnaissance très précise : la photo-identification. Chaque cachalot a un bord de nageoire caudale unique, comme une empreinte digitale. Grâce à ça, environ 140 individus ont été catalogués en Guadeloupe. On sait que certains d’entre eux se retrouvent d’une année sur l’autre. Ce sont des vies longues, des histoires individuelles. Cette idée ne me quitte pas quand j’en croise un.
Une chose encore, parce qu’elle me fascine : quand les cachalots dorment, ils se placent verticalement dans l’eau, en groupe, immobiles, comme suspendus. Si tu tombes là-dessus par hasard un après-midi ( ça m’est arrivé une fois dans le canal de La Dominique, avec des dauphins qui sautaient autour !! ) tu dois freiner toute action. Tu regardes, tu n’approches pas, et tu te rappelles que tu n’es qu’un visiteur.
Ce point me tient à cœur, parce que j’ai vu les deux attitudes en mer : le skipper qui stoppe ses machines à bonne distance et attend, et celui qui accélère pour « en avoir plus ». Le deuxième ne comprend pas ce qu’il rate, et surtout ce qu’il casse.
Un cétacé qui fuit un bateau dépense une énergie qu’il n’avait pas prévu de dépenser. Si c’est une mère en période d’allaitement, cette énergie vient de ses réserves. Si c’est un groupe en train de se reposer ou de socialiser, on a interrompu quelque chose d’important. Le Sanctuaire Agoa encadre les approches pour de bonnes raisons.
Les menaces réelles sur ces populations sont documentées et sérieuses : la pollution sonore du trafic maritime qui perturbe leur communication, les collisions avec les navires de commerce, et la pollution plastique. Des cachalots ont été retrouvés avec des quantités massives de déchets dans l’estomac. Ces animaux meurent de ce que nous mettons dans l’eau.
l’arrêté de 2017 interdit l’approche à moins de 300 mètres des mammifères marins dans le Sanctuaire Agoa, pour les engins et individus, sur l’eau, sous l’eau et au-dessus de l’eau. Arrêté préfectoral n°R02-2024-07-12-00001 réglementant l’approche des mammifères marins dans les eaux du Sanctuaire Agoa (2024) ● Zone d’approche interdite : 300 m sauf dérogation ● Mise à l’eau interdite ● Règles spécifiques d’approche et d’observation pour les personnes/engins ayant une dérogation ○ Zone d’approche interdite : 100 m ○ Arriver par les ¾ arrière des animaux, trajectoire d’approche devenant progressivement parallèle à la route des animaux ○ 2 à 3 navires max. dans la zone de prudence ○ Durée d’observation : 15 min ○ Vitesse constante et calée sur celle de l’animal le plus lent. Ne doit pas dépasser 5 nœuds
Faire de la voile en Guadeloupe avec la possibilité de croiser ces animaux, ce n’est pas un bonus de carte postale. C’est un rappel de ce que la mer est vraiment : un espace habité, complexe, vivant, qui existe indépendamment de nous. Le catamaran est un bon outil pour ça. On se déplace silencieusement, on peut stopper sans inertie excessive, on est près de l’eau. On entend des choses qu’on n’entend pas depuis un moteur lancé à plein régime.
Lors des stages que je propose à bord du Black Pearl, on navigue dans ces zones. Pas pour une sortie « whale watching » organisée avec garantie de résultat (la mer ne fonctionne pas comme ça) mais parce que ces routes font partie de la navigation réelle ici. Ce que les participants ramènent à terre, ce n’est pas juste une progression en voile. C’est une autre manière de regarder l’eau. Si tu veux être là quand ça arrive, tu sais où nous trouver.
Quand voir les baleines à bosse en Guadeloupe ? La période va de décembre à mai, avec un pic en février-mars. Les femelles arrivent pour mettre bas et allaiter, les mâles pour se reproduire. C’est la saison idéale pour les observer, notamment autour de Marie-Galante et de la Désirade.
Où voir les baleines à bosse en Guadeloupe ? Les zones les plus favorables sont le sud et l’est de l’archipel : les eaux autour de Marie-Galante, la Désirade, Petite Terre et le canal des Saintes. Ce sont des eaux peu profondes que les baleines à bosse préfèrent pour se reproduire et élever leurs baleineaux.
Peut-on voir des baleines depuis un voilier ou un catamaran en Guadeloupe ? Oui, et c’est même l’une des meilleures façons de les observer. Un voilier ou un catamaran se déplace silencieusement, peut stopper facilement et reste proche de l’eau. On est moins intrusif qu’un bateau à moteur lancé, et on entend parfois les chants des mâles à travers la coque.
Quelle est la différence entre une baleine à bosse et un cachalot en Guadeloupe ? La baleine à bosse est une visiteuse saisonnière (janvier-mai), observable dans les eaux peu profondes. Le cachalot, lui, est résident toute l’année et fréquente les grands fonds au large de Basse-Terre et dans les canaux. Son souffle part en oblique vers l’avant-gauche, ce qui permet de l’identifier à distance. Ce sont deux animaux très différents dans leurs comportements et leurs habitats.
Les cachalots sont-ils dangereux pour les bateaux ? Non. Les cachalots sont des animaux paisibles et discrets. Le risque réel, c’est l’inverse : ce sont les bateaux qui peuvent les blesser, notamment par collision ou pollution sonore. L’enjeu est de naviguer avec discrétion, pas de s’en protéger.
Y a-t-il des dauphins aussi en Guadeloupe ? Oui, plusieurs espèces de dauphins sont présentes toute l’année dans les eaux guadeloupéennes, notamment le dauphin tacheté de l’Atlantique et le grand dauphin. Les croiser en navigation est courant, surtout tôt le matin.
Peut-on nager avec les baleines en Guadeloupe ? La réglementation du Sanctuaire Agoa encadre strictement les approches des cétacés. La mise à l’eau à proximité des baleines à bosse est généralement interdite ou très réglementée selon les conditions. L’observation depuis le bateau, à bonne distance, reste la pratique recommandée et respectueuse.
Comment réserver un stage de voile pour voir les baleines en Guadeloupe ? Les stages à bord du Black Pearl incluent la navigation dans les zones fréquentées par les cétacés, sans garantie d’observation ( la mer ne se commande pas ) mais avec une vraie connaissance du terrain. Toutes les informations sur les stages ici.
0 commentaire